Pourquoi utiliser un log book au barbecue ?
L’outil simple qui transforme ton expérience derrière grills & braseros
Aujourd’hui, j’avais envie de te faire un cadeau. Pas un gadget. Pas un PDF de plus qui finit dans un dossier oublié. Quelque chose que j’utilise réellement, et que j’ai mis en place après m’être rendu compte que je perdais certaines de mes meilleures cuissons.
Il m’est arrivé plusieurs fois de sortir une pièce dont j’étais vraiment fier. Un équilibre juste. Une texture précise. Une fumée propre. Rien d’extraordinaire au sens spectaculaire du terme, mais exactement ce que je cherchais. Et quelques semaines plus tard, impossible de reproduire la même chose. Pas raté. Juste différent.
Parce qu’entre-temps, j’avais changé un détail. Un bois un peu plus sec. Un mélange d’épices ajusté. Une saumure modifiée. Une pièce d’origine différente. Un réglage d’air légèrement plus ouvert. Plus tu progresses, plus tu ajoutes de paramètres. Et plus il devient difficile de refaire “exactement pareil”.
C’est à partir de là que le log book a pris une vraie place dans ma pratique.
Un log book, c’est quoi concrètement ?
Un log book barbecue, c’est simplement un carnet de suivi de tes cuissons. Pas un cahier de recettes. Pas un journal intime. Un outil d’observation. Une fiche où tu notes, à chaque session, les éléments qui ont influencé ton résultat.
On y consigne le contexte (météo, vent, humidité), le matériel utilisé, le type de combustible, les réglages d’air, les températures clés, les interventions en cours de cuisson, et surtout le résultat final avec un regard critique : texture, équilibre, fumée, et ce que tu changerais.
C’est une mémoire structurée.
Pour quelqu’un qui débute, le terme peut sembler technique. En réalité, c’est très simple : tu écris ce que tu fais, pour comprendre ce que tu fais.
Quand on débute : apprendre à observer vraiment
Au début, on cuisine beaucoup à l’intuition. On ajuste “à l’œil”, on réagit à ce qu’on voit. Et c’est normal. Mais l’intuition ne devient fiable que lorsqu’elle s’appuie sur des répétitions conscientes.
Le log book a un premier effet très concret : il force à observer. Le simple fait de savoir que tu vas écrire quelque chose t’oblige à prêter attention. À te demander pourquoi tu ouvres un peu plus l’air. Pourquoi tu ajoutes du bois à ce moment précis. Pourquoi la fumée a changé.
Il transforme une cuisson en exercice de compréhension.
Tu apprends à connaître ton appareil. Tu découvres que ton brasero ne réagit pas pareil selon la météo. Que ton combustible ne se comporte pas toujours de la même façon. Que certaines pièces demandent plus de stabilité thermique que d’autres.
Ce n’est pas un outil pour devenir scolaire. C’est un outil pour devenir lucide.
Quand tu progresses : garder une traçabilité
Puis vient un moment où tu maîtrises mieux les bases. Tu sais lire une braise. Tu anticipes une montée en température. Tu ajustes l’air sans réfléchir.
À ce stade, tu pourrais penser que le log book devient inutile.
En réalité, il change de rôle. Il ne sert plus seulement à apprendre. Il sert à affiner et à reproduire.
Parce que plus tu avances, plus tu joues avec des variables : différentes essences de bois, mélanges d’épices plus complexes, saumures travaillées, origines de viande variées. Chaque paramètre influence le goût et la texture. Sans trace écrite, tout se mélange dans la mémoire.
Le log book te permet de revenir en arrière. De relire une cuisson et de comprendre précisément ce qui a fait la différence. Il t’offre une continuité dans ta progression.
Ce que ça change vraiment
Tenir un log book ne rend pas la cuisson plus compliquée. Il la rend plus consciente. Il t’aide à passer du “je pense que” au “je sais que”.
Tu identifies les constantes. Tu repères les erreurs récurrentes. Tu comprends ton matériel au lieu de le subir. Et surtout, tu arrêtes de dépendre du hasard quand tu veux reproduire une réussite.
Ce n’est pas une contrainte. C’est une liberté.
Le cadeau
La fiche que j’utilise en formation professionnelle, je la mets à disposition ici. C’est celle qui structure l’observation et qui aide à progresser sans perdre de vue l’essentiel.
Et pour ceux qui préfèrent travailler sur la durée, j’ai aussi conçu une version carnet brochée, pensée pour garder trace de dizaines de cuissons et construire une vraie mémoire technique.
Le feu est vivant. Les paramètres sont nombreux. Plus tu avances, plus ils se multiplient. Avoir une mémoire fiable de ce que tu fais n’enlève rien à l’instinct. Au contraire, ça le renforce.
Et parfois, la différence entre une cuisson “bonne” et une cuisson que tu peux refaire exactement tient simplement à quelques lignes écrites au bon moment.
Si tu veux me soutenir, le plus simple reste de t’abonner à la newsletter si ce n’est pas déjà fait. C’est ce qui me permet de continuer à produire ce type de contenu et d’outils.


