Reprendre, mais pour de bonnes raisons
Il y a des pauses qu’on ne décide pas vraiment.
Elles s’installent doucement, sans bruit, jusqu’au moment où continuer comme avant devient impossible.
Bivouac est entré dans cette zone-là.
Pas parce que le projet n’avait plus de sens, mais parce que je sentais que quelque chose n’était plus aligné.
Une saison très différente
La saison 2 avait déjà marqué un virage.
Beaucoup de live. Beaucoup de YouTube.
Un rythme plus immédiat, plus exposé aussi.
J’y ai appris des choses, j’y ai pris du plaisir, mais avec le recul, le format podcast me manquait profondément.
Le temps long.
La possibilité de laisser une idée respirer sans devoir la défendre dans l’instant.
Ce qui n’a pas fonctionné
La saison 3 est plus difficile à regarder en face.
Il faut l’assumer : ça n’a pas fonctionné.
Pas seulement par manque de temps, même si ça a compté.
J’ai enregistré plusieurs épisodes.
Ils existent.
Mais je ne les ai jamais publiés.
En les réécoutant, quelque chose sonnait faux.
Pas techniquement.
Mais humainement.
Je ne m’y reconnaissais plus vraiment.
À ce moment-là, j’ai préféré me taire plutôt que de publier quelque chose qui ne me ressemblait plus.
Observer, rencontrer, élargir
Pendant ce silence, je n’ai pas arrêté.
J’ai continué à cuisiner au feu, à former, à me déplacer.
J’ai aussi beaucoup observé le milieu dans lequel j’évolue depuis des années.
Avec un regard différent.
Parfois surpris.
Parfois déçu, aussi, par certaines postures et certains discours.
Mais à l’inverse, j’ai fait de très belles rencontres.
Des échanges sincères, souvent loin des projecteurs.
Des personnes pour qui le feu n’est ni un décor ni un argument, mais une pratique réelle.
Ces derniers mois m’ont aussi ouvert davantage à l’international.
D’autres cultures, d’autres rapports au feu, au temps, à la transmission.
Ça m’a déplacé.
Et ça m’a donné envie de penser plus large.
Reprendre, mais autrement
La question n’a jamais été est-ce que je reprends.
Mais comment.
Je ne voulais pas abandonner les interviews.
Elles font partie de l’ADN de Bivouac et elles reviendront.
Mais j’avais aussi besoin d’un espace plus personnel.
Un endroit où je peux poser une réflexion, un doute, une lecture, sans chercher à performer.
C’est de là qu’est née cette saison 4.
Pas comme une relance spectaculaire.
Plutôt comme une reconstruction.
J’ai commencé à penser les épisodes, les textes, l’audio, la vidéo, le terrain, comme les éléments d’un même ensemble.
Un écosystème cohérent, dans lequel chaque format a sa place, son rôle, son rythme.
Poser une base
Ce premier épisode ne cherche pas à faire du bruit.
Il sert surtout à poser une base.
À revenir à quelque chose de plus essentiel, avant d’aller plus loin.
Si tu es encore là, c’est sans doute que cette manière de faire résonne aussi chez toi.
On va prendre le temps.
Et voir où ça nous mène.
Régis Calcus










